Retraite – Les Français dĂ©crochent un an et demi trop tĂ´t !
D’après une récente enquête, l’âge auquel les Français stoppent toute activité ne correspond pas à celui auquel ils prennent leur retraite.
Les Français cessent souvent de travailler avant même de prendre leur retraite. C’est ce que révèle une enquête que vient de publier la Direction des études des ministères du Travail et de la Santé (Drees). Le délai entre la fin de toute activité et la première demande de droit à la retraite est en moyenne d’un an et demi.
« Une part importante de la population ne passe pas directement de l’emploi à la retraite, mais connaît des périodes transitoires de chômage, de préretraite, ou d’invalidité », explique l’étude, qui porte sur la génération née en 1938. Un quart de ces Français ont en effet connu une de ces situations.
Et alors que l’âge moyen de cessation d’activité est situé entre 58 et 59 ans en France, seuls 9 % des personnes de cette génération avaient liquidé un droit de pension dans l’année de leurs 59 ans, ou avant. Une des explications vient du fait qu’elles n’avaient pas encore accès au dispositif de retraite anticipée pour carrière longue dans le privé, introduit seulement avec la réforme des retraites en 2003.
Seuls certains salariés du public, notamment les bénéficiaires des régimes spéciaux, pouvaient alors partir en retraite avant 60 ans. D’autres étaient également contraints d’attendre leurs 65 ans pour utiliser leur droit de retraite. Même si ceux-ci ont généralement déjà cessé toute activité, ils se voient obligés d’atteindre cette limite d’âge en raison d’une durée de travail validée insuffisante.
Une retraite plus tardive dans le privé
L’étude relève par ailleurs une nette différence entre les salariés du public et ceux du privé. Les premiers commencent en effet à toucher leur retraite en moyenne à 57,5 ans, contre 61,3 ans pour leurs collègues du privé.
Pas de raisons d’être jaloux néanmoins, puisque les âges de cessation d’emploi sont bien plus proches, avec respectivement 58,2 ans, et 58,8 ans. Ce sont au final les professionnels indépendants qui cessent de travailler le plus tardivement, à 59,8 ans, et qui liquident également en dernier un droit à la retraite, à 61,4 ans.
Enfin, au-delà de 57 ans, les femmes sont environ 5 % plus nombreuses que les hommes à poursuivre une activité.
« Cela ne signifie pas que dans l’ensemble, les femmes cessent leur emploi plus tardivement que les hommes. L’étude se concentre ici sur les personnes de la génération 1938 ayant encore travaillé après 50 ans.
Elle exclut donc toutes les personnes sorties précocement du marché du travail », précise la Drees. Et les femmes sont en effet plus nombreuses dans cette situation, beaucoup d’entre elles cessant de travailler pour élever leurs enfants
Ces retraités qui touchent salaire et pension
Le cumul emploi-retraite facilité par le gouvernement permet aux seniors d’arrondir leurs fins de mois.
Alors que certains arrêtent de travailler avant leur retraite, d’autres en revanche continuent après, parfois pendant plusieurs années, et cumulent de cette façon une pension et un revenu d’activité. Suffisamment en forme, ces retraités salariés représentent environ 5 % de la population.
Et ce cumul est devenu d’autant plus intéressant pour les plus motivés, puisque depuis le mois de janvier, le plan gouvernemental en faveur de l’emploi des seniors a fait tomber certaines barrières.
Tous les salariés de plus de 65 ans, ou ceux de plus de 60 ans qui justifient d’une durée de cotisation suffisante, peuvent désormais toucher un salaire en plus de leur retraite, sans plafond de ressources.
Auparavant, le cumul ne pouvait dépasser la moyenne des trois derniers mois de salaire, ou, si cela était plus favorable, 160 % du smic, soit un peu plus de 2.100 euros.
De plus en plus nombreux
Les six mois nécessaires avant de pouvoir reprendre une activité professionnelle chez le même employeur ont également été supprimés.
Par choix ou par nécessité, les retraités qui reprennent une activité professionnelle sont donc de plus en plus nombreux, même s’ils ne sont aujourd’hui que quelque 300.000 à réaliser ce cumul. Mais leur nombre pourrait rapidement augmenter, avec la publication d’ici à la fin du mois, d’un décret prévoyant à partir de 2010 une pénalité financière.
Les entreprises n’ayant pas négocié en 2009 un accord, ou élaboré un plan sur l’emploi des seniors, pourraient donc se voir infliger cette pénalité, qui sera équivalente à 1 % de sa masse salariale.
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