Portage salarial : un statut qui simplifie la vie des freelances
Le portage salarial, c’est la liberté d’être à son compte avec les avantages du statut de salarié. Autre bonus : pas de paperasserie administrative. Trois solos témoignent.
Le portage salarial, c’est simple :
Le solo a le statut de salarié. Concrètement, il transmet à la société de portage les conditions de sa mission (durée et honoraires). En échange d’une commission de 5 à 12 % du chiffre d’affaires, la société de portage s’occupe de la facturation, des éventuelles relances, des démarches administratives (Fisc, Urssaf, caisse de retraite) et verse un salaire au porté.
Philippe Cahen, consultant : « Je n’ai plus de contact avec l’Administration… c’est le rêve »
Pourquoi j’ai choisi le portage salarial : « J’ai eu une SARL pendant dix ans et je trouvais les relations avec l’Administration épouvantables. Il y a énormément de paperasses à remplir. Ça prend un temps fou et c’est compliqué même quand on a un expert-comptable. Quand j’ai dû liquider ma SARL, je me suis tourné vers le portage pour me simplifier les tâches administratives. »
Comment ça marche : « J’utilise le portage pour mes rémunérations en honoraires, c’est-à -dire 80 % de mon activité. Je fais signer un devis ou contrat de mission au client et la société de portage s’occupe de la facturation. Chaque mois, elle me remet une feuille de paie si j’ai facturé une somme suffisante (environ 800 euros). Si ce n’est pas le cas, le salaire est reporté sur le mois d’après. Je touche environ 50 % de ce qui est facturé au client. La société de portage prend 5 % de commission et les charges représentent près de 45 % du chiffre d’affaires. J’ai une grande faculté à oublier les ennuis, alors je compte bien utiliser le portage salarial jusqu’à la fin de ma carrière, pour la partie de mon activité facturée en honoraires. »
Avantages : « C’est formidable de ne plus avoir de contact avec l’Administration, qu’il s’agisse du fisc, de l’Urssaf ou de la caisse de retraite. Quand on a un chiffre d’affaires irrégulier comme le mien, les relations sont d’autant plus compliquées avec l’Administration. Etre porté me simplifie le travail. Autre avantage, le portage salarial permet d’avoir moins de frais que si on crée sa boîte. Par exemple, on n’a pas besoin de payer l’assurance personnelle de responsabilité civile professionnelle, qui coûte très cher. Car c’est la société de portage qui contracte une assurance pour l’ensemble de ses portés. »
Inconvénients : « En dehors de la commission de 5 %, il y a peu d’inconvénients. Sauf en ce qui concerne les frais professionnels : avec ma société de portage, je ne peux déduire du chiffre d’affaires que 10 % de frais par mois, ce qui n’est pas suffisant quand je dois changer mon ordinateur, par exemple. »
Patrick Ravaud, consultant financier : « Le portage salarial est une bonne expérience avant de créer sa société »
Pourquoi j’ai choisi le portage salarial : « J’ai fait toute ma carrière en tant que directeur financier. Quand je me suis retrouvé sur le marché du travail à 54 ans, je savais que les choses allaient être difficiles. J’en ai profité pour donner un nouvel élan à ma carrière et devenir un consultant payé à la mission. Le portage salarial est un excellent moyen de se familiariser progressivement au travail en solo car on se sent accompagné et soutenu juridiquement. »
Comment ça marche : « Quand je trouve un nouveau client, j’en informe la société de portage qui a mis en place un extranet. De chez moi, je peux communiquer les renseignements sur mes nouveaux clients, suivre à tout moment la situation de mon activité et retrouver les factures qu’elle a émises aux clients. Elle prélève une commission de 10 % sur mon chiffre d’affaires. Cela fait quatre ans que je fonctionne en portage salarial et je compte créer ma boîte prochainement. C’est la suite logique car le portage salarial est une bonne transition entre être salarié et totalement indépendant. »
Avantages : « En plus de m’aider sur le plan administratif, la société de portage organise une fois par mois des réunions entre les consultants. Ces rencontres me permettent de développer mon réseau de contacts et parfois de faire des échanges de missions. Je me suis constitué un portefeuille de clients réguliers que je pourrai garder quand je créerai ma société. »
Inconvénients : « Certaines Assedic ne reconnaissent pas les sociétés de portage. C’est pourquoi j’ai préféré choisir une société qui ne s’affiche pas en tant que telle. C’est d’abord un cabinet de conseil qui fait aussi du portage. J’ai longtemps prospecté pour trouver une société sérieuse. Il faut être sûr qu’elle ne risque pas de déposer le bilan. »
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