Portage salarial : créer son entreprise en limitant les risques
La crĂ©ation d’entreprise Ă risque zĂ©ro ? Peu probable… Le portage salarial est une solution qui permet Ă un entrepreneur de tester son projet tout en bĂ©nĂ©ficiant des avantages du salariat. Mode d’emploi.
Le portage salarial, c’est quoi ?
Il s’agit d’un statut parfaitement adaptĂ© Ă ceux qui Ă©taient salariĂ©s auparavant et qui veulent se lancer dans la crĂ©ation d’entreprise. Cette formule permet en effet Ă un professionnel relevant habituellement du statut d’indĂ©pendant (« le portĂ© », bien souvent un consultant) d’effectuer diffĂ©rentes missions pour le compte de clients tout en Ă©tant salariĂ© d’une sociĂ©tĂ© qui le reprĂ©sente. Cette sociĂ©tĂ© « dite de portage » encaisse le montant des missions du « portĂ© », lui fournit diffĂ©rents services (cartes de visite, plaquettes commerciales, aide Ă la rĂ©daction de devis, mise Ă disposition de bureaux, conseil sur la crĂ©ation d’entreprise, …), le dĂ©clare aux diffĂ©rents organismes sociaux (Assedic, caisses de retraite, sĂ©curitĂ© sociale, prĂ©voyance, mutuelle, …) et lui verse un salaire, calculĂ© en fonction des missions qu’il aura effectuĂ©es. Le portĂ© est ainsi salariĂ© de la sociĂ©tĂ© de portage qui « transforme »Â ses honoraires en salaires et qui lui Ă©tablit un contrat de travail.
La loi du 25 juin 2008 fixant un cadre règlementaire au portage salarial vient d’être inscrite dans le code du travail, facilitant ainsi le recours au portage salarial en excluant tout risque d’infraction pĂ©nale de prĂŞt de main d’œuvre illicite, au mĂŞme titre que l’intĂ©rim (article L. 8241-1 du Code du travail).
Pourquoi est-ce intéressant pour un futur créateur ?
Pas de paperasse, ni de dĂ©marches administratives superflues : la sociĂ©tĂ© de portage prend en charge toute la gestion de l’activitĂ© depuis la facturation client jusqu’à l’encaissement. « En 2007, c’est près de 35000 personnes ont choisi le portage salarial. Parmi elles, 35 Ă 40 % ont ou vont crĂ©er leur entreprise. C’est une solution sĂ©curisante pour le futur crĂ©ateur car il peut tester son marchĂ© et se concentrer sur son activitĂ© tout en conservant un statut de salariĂ© » dĂ©clare Guillaume Cairou, directeur gĂ©nĂ©ral de DIDAXIS et membre de la FĂ©dĂ©ration nationale du Portage salarial (FeNPS). En plus, certaines sociĂ©tĂ©s de portage apportent leur soutien aux futurs crĂ©ateurs et les conseillent dans leurs dĂ©cisions.
Comment ça marche ?
Un certain nombre d’étapes doit être respecté pour concrétiser cette relation tripartite, entre la société de portage, le client et le futur créateur :
- Règle de base : le créateur doit déjà avoir des clients ou tout au moins des prospects. C’est à lui et à lui seul de trouver des missions ou des contrats et de fixer le montant de ses interventions.
- Le créateur sélectionne une société de portage avec laquelle il signe une convention d’adhésion qui fixe les règles du jeu entre la société de portage et lui.
- Un contrat de mission est établi entre la société de portage et le client apporté par le porteur de projet.
- En parallèle, un contrat de travail est établi entre le porteur de projet et la société de portage. Il s’agit selon les cas d’un CDD ou d’un CDI, à temps partiel dans la plupart des cas.
- Le porté effectue sa mission. Il peut travailler de chez lui ou dans les locaux de la société cliente. En aucun cas, il ne doit s’installer de façon durable chez ses clients.
- Une fois la mission terminée, la société de portage facture le client et reverse un salaire au porté.
Comment est rémunéré le porté ?
La société de portage prélève des frais de gestion sur le montant total hors taxe de la facture du porté. Cette commission varie selon les cas de 5 à 12 % : généralement plus le montant des missions est élevé, moins les frais de gestion sont importants. « En moyenne, et après prélèvement des charges sociales salariales et patronales, le porté touche un salaire net compris entre 45 et 55 % du chiffre d’affaires généré par la mission qu’il a réalisée » indique Murièle Dinahet, consultante en accompagnement de projets professionnels.
Au niveau du versement, il n’y a pas vraiment de règles et chacun fait un peu ce qu’il veut en la matière. Certaines sociétés pratiquent la mensualisation, d’autres attendent d’être réglées par l’entreprise cliente pour payer le consultant. Si vous êtes demandeur d’emploi, pas de problèmes car, en attendant vous toucherez les Assedics. Sinon… vous devrez attendre la fin de votre mission pour être rémunéré ! Consciente de cette inégalité, la majorité des sociétés de portage proposent aujourd’hui de verser un salaire mensuel au porté. Il est calculé au prorata du montant et de la durée de la mission. Si vous avez le choix, sachez que la mensualisation est préférable car elle assure des revenus réguliers, aussi n’hésitez pas à demander dès le départ à votre société de portage le mode de règlement qu’elle pratique.
Quelles sont les activités adaptées au portage ?
Il s’agit gĂ©nĂ©ralement de toutes les activitĂ©s intellectuelles (conseil, audit, formation, informatique, communication, traduction, rĂ©alisation de sites internet…) qui demandent une compĂ©tence et un savoir faire pointu. Les professions rĂ©glementĂ©es (avocat, expert-comptable, mĂ©decin, …) ainsi que les mĂ©tiers de nĂ©goce, de transformation, ceux nĂ©cessitant l’usage d’un outil ou liĂ©s Ă des activitĂ©s ou pays Ă risque (nuclĂ©aire, amiante, …) sont exclus du système. Certaines sociĂ©tĂ©s adhĂ©rentes Ă la FeNPS Ă©largissent cependant le champ des mĂ©tiers portĂ©s Ă la plupart des mĂ©tiers exercĂ©s par les freelances, y compris de nombreux mĂ©tiers manuels (bâtiment, electricitĂ©, restauration, services Ă la personne…).
Comment choisir sa société de portage ?
Le portage donne ainsi lieu Ă des pratiques très diffĂ©rentes sur le terrain et suscite encore bien des dĂ©bats. Pour Ă©viter les mauvaises surprises, il est donc indispensable de choisir avec soin sa sociĂ©tĂ© de portage. Veillez notamment Ă ce que la sociĂ©tĂ© bĂ©nĂ©ficie de plusieurs annĂ©es d’antĂ©rioritĂ© dans le mĂ©tier et qu’elle dispose d’une assurance ResponsabilitĂ© civile professionnelle couvrant votre activitĂ© et vĂ©rifiez qu’elle prĂ©sente une structure financière solide (publication des comptes, assurance impayĂ©, …).
PrivilĂ©giez les sociĂ©tĂ©s qui appliquent une charte d’Ă©thique prĂ©cise et prĂ©fĂ©rez celles qui sont adhĂ©rentes Ă l’un des principaux syndicats professionnels, la FĂ©dĂ©ration nationale du portage salarial qui regroupe près de 45 sociĂ©tĂ©s en France parmi les principaux acteurs du marchĂ© triĂ©s sur le volet (Didaxis, Altros, ABC Portage, Ventoris, Newfreelance, RH Solutions, ETM, Illico Consulting…) et le Sneps qui compte une quinzaine d’adhĂ©rents parmi les plus anciennes.
Quand abandonner le portage pour voler de ses propres ailes ?
D’après les spécialistes, il faut au moins 18 mois de portage ! C’est le délai nécessaire pour acquérir un volume d’affaires suffisant avant de se lancer. Tous affirment également qu’au delà de 45 000 euros de chiffre d’affaires par an, il est temps de voler de ses propres ailes et de créer sa propre société.
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Cet article a été diffusé le 4 novembre 2008 sur sur France 5 :
MODE D’EMPLOI : Le portage salarial
Après des années de flou juridique dangereux, le portage salarial a enfin fait son entrée officielle dans le Code du travail. C’est désormais un mode d’organisation du travail bien réglementé qui permet de travailler en indépendant tout en conservant les avantages du salariat.
Comme vous le lirez sur didaxis.fr, le portage s’adresse notamment aux futurs créateurs d’entreprise qui veulent tester la viabilité de leur projet et se constituer un portefeuille de clients en toute sécurité avant de se lancer pour de bon. Ce peut aussi être le moyen de rejoindre une entreprise quand on est au chômage. Enfin, c’est un statut sécurisant pour tous ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas travailler en entreprise, seniors et travailleurs indépendants par exemple.
Comme on vous l’explique sur guideduportage.com et portage.asso.fr, oĂą vous trouverez les coordonnĂ©es des sociĂ©tĂ©s de portage, les rĂ´les sont clairement dĂ©finis. Le « portĂ© » prospecte ses clients et effectue ses prestations en toute libertĂ©. La sociĂ©tĂ© de portage se charge du reste : formalitĂ©s administratives, immatriculation auprès des organismes sociaux, facturation et lui verse un salaire.
Une bonne société de portage accompagne et conseille ses salariés. Pour bien choisir la vôtre, inspirez-vous des critères recensés par portagesalarial.org, le site du Syndicat national des entreprises de portage salarial, qui délivre d’ailleurs un agrément.
Sur France 5 Emploi
- Portage salarial : la bonne solution ?