Parole de coach : « Un coach, c’est comme un guide de montagne »
Abdelkader Haliche est Maître praticien de la PNL (Programmation Neuro-Linguistique). Algérien d’origine et lillois depuis plus de 20 ans il est coach de vie pour les personnes en développement professionnel et personnel.
Il revient sur sa vision du métier de coach, dont le terme est souvent galvaudé, et témoigne de son parcours d’indépendant en portage salarial.
Quelle est votre activité ?
J’ai une formation en psychologie et un cursus complet en Programmation neuro-linguistique. Cette méthode a été conçue pour réaliser une communication efficace en prenant en compte tous les facteurs humains. J’ai construit une méthode propre que j’ai appelé MC²R (Motivation, Communication, Changement, Ressources).
J’ai deux casquettes.
- J’interviens d’abord en entreprise pour résoudre les problèmes internes. Je coache les managers et les leaders mais aussi des équipes pour augmenter leur motivation, cohésion et définir des objectifs J’interviens aussi au niveau des risques psycho sociaux.
- D’un autre côté, je me concentre sur le coaching de vie des particuliers. Je les aide à résoudre des problématiques individuelles et familiales. Dernièrement, par exemple, j’ai travaillé avec une mère qui n’avait plus aucune communication avec son fils adolescent. Mon travail a consisté à rétablir une confiance perdue entre eux.
Peut-on faire un parallèle avec la thérapie finalement ?
Pas vraiment. A la différence de la thérapie classique, le coaching s’inscrit dans les  thérapies brèves où l’on doit se servir d’outils pour résoudre des soucis et c’est là que la PNL agit. En coaching on revient rarement dans le passé. On se concentre plus sur le présent et le futur et on ne travaille pas sur le transfert. Ainsi, on travaille davantage sur le « comment trouver les ressources pour s’en sortir » et non sur le « pourquoi les difficultés existent ».
Et qu’est-ce qu’un coach selon vous ?
Un coach, c’est comme un guide de montagne. Il connaît parfaitement les lieux et les endroits de la montagne. Il accompagne les personnes pour les emmener à destination : c’est un véritable contrat. Il permet d’éviter les dangers et les égarements. Il est aussi là pour trouver des raccourcis puisqu’il parle à l’inconscient.
On assiste à un galvaudage du mot « coach ». On le retrouve partout, utilisé à tout-va. Que pensez-vous de cela ?
Il faut d’abord revenir sur la genèse du mot. Le coche était celui qui conduisait la diligence. Ce mot est apparu en 1830 en France avec 20 ans de retard par rapport à d’autres pays. Ensuite le terme « coach » a été attribué principalement aux coachs sportifs.
On pourrait aussi utiliser les mots « tuteur », « mentor » ou encore « guide » mais ils restent quelque peu négatifs car ils mettent en avant un déséquilibre relationnel, le tuteur étant « supérieur » au tutoré.
Je donnerai un exemple professionnel. Je devais former des caissières dans un supermarché pour qu’elles aient toutes le même discours et comportement vis-à -vis des clients. Au lieu d’opérer cette formation moi-même, j’ai choisi de coacher une caissière expérimentée que j’ai guidée pour qu’elle devienne la tutrice des nouvelles et les résultats étaient là .
Le coach, n’est pas supérieur à son client. C’est, au contraire, une relation d’égal à égal. Il ne peut pas mieux savoir que son client ce dont il a besoin et il est là pour l’aider à trouver les bonnes clés de lecture de son état d’esprit et de ses problématiques.
Je crois que le mot est galvaudé et mal vu dernièrement à cause de cette notion de supériorité. Peut-être que certains coachs abusent de leur titre…
Mais il y a obligation de résultat ou de moyen ?
Le résultat vient très rapidement car tout mon travail consiste à amener mes clients à avoir un ou plusieurs déclics. Une fois ces déclenchements amorcés, cela va très vite et les solutions viennent à eux comme des évidences.
Quels sont vos projets professionnels à court et long terme ?
A court terme, développer ma clientèle en région parisienne puisque je vis dans le Nord Pas de Calais et renforcer la communication pour être visible et mobile.
A long terme, monter un cabinet de coaching en Algérie et un centre de formation. En effet, il y a un grand besoin dans ce domaine là -bas car c’est un pays qui vit un essor économique considérable. De plus le coaching n’est pas enseigné là -bas.
Pourquoi vous êtes-vous lancé dans une activité d’indépendant ?
C’est vraiment une démarche très personnelle. J’aime entreprendre et travailler pour concrétiser un projet de vie. L’indépendance est primordiale dans mon métier.
J’ai choisi le portage salarial car c’est une manière très simple de faire gérer son activité administrativement et c’est un gain de temps considérable. Il est évident qu’avoir une fiche de paie à la fin du mois et garder un statut de salarié est rassurant !
Quels conseils pouvez-vous donner à quelqu’un qui a la même activité que vous ?
Travailler son projet de vie pour qu’il soit conforme à ses valeurs.
Il est primordial de mûrir la faisabilité de son projet et se former à fond avant de se lancer.
Il faut être entouré au maximum et trouver une personne qui puisse vous superviser pour avoir du recul.
D’autre part, le meilleur accélérateur est de sortir de l’isolement en se construisant un réseau ou en trouvant une niche en parallèle d’une communication maximale concernant son activité.
Parlez-nous de votre plus belle expérience professionnelle ?
Il était Directeur d’une grande Banque et était à une étape difficile de sa vie. Ses valeurs personnelles n’étaient plus du tout en phase avec celles de son groupe. La conséquence a été une démotivation totale et un clash constant avec la hiérarchie et les employés. Les changements radicaux opérés par une nouvelle Direction du groupe de la banque l’avaient poussé, au bout de quelques mois, à la dépression. Il ne voyait plus aucun intérêt à son travail.
Je l’ai accompagné sur la douleur et j’ai travaillé avec lui pour l’amener à comprendre tout seul qu’il y  avait conflit de valeurs. Avant, cela ne lui était jamais venu à l’esprit. Une fois cette prise de conscience acquise, tout est allé très vite : il a démissionné et a pris un nouveau départ puisqu’il a créé son entreprise avec des valeurs et une philosophie à son image.
C’est un exemple type de la panique actuelle face à la crise. Il faut absolument valoriser le capital humain.
Que pouvez-vous apporter ou qu’aimeriez-vous apporter à un réseau de professionnels ?
Je suis rentré dans des réseaux et j’ai tout de suite compris leur puissance et leur importance.
Je suis dans un groupement professionnel de coachs où chacun amène son réseau. Nous nous renvoyons des clients selon les besoins de ces derniers. Ce groupement permet également de participer à des événements et salons.
Je participe à des réunions réseaux dans ma région comme sur la région parisienne, notamment aux réunions du Club des Entrepreneurs qui fait toujours des événements réussis et où l’on fait de belles rencontres.
Les femmes ne représentent que 20% environ des créations d’entreprise, que pourriez-vous dire à des femmes pour les encourager à développer leur activité en tant qu’indépendante ?
Je crois qu’il faut les encourager à créer leur entreprise parce que beaucoup voudraient concrétiser un rêve de création et ne se le permettent pas pour diverses raisons ; cela permettrait de réparer les inégalités, de salaire par exemple et ainsi également de lutter contre le machisme. Les femmes ont  la liberté de choisir leur activité.
Si vous aviez trois adjectifs pour vous définir quels seraient-ils ?
- L’empathie en premier lieu
- L’authenticité également. Ma double culture en est l’exemple.
- La transcendance : il faut toujours voir plus loin, se dépasser soi-même. Je n’aime pas rester sur des acquis qui ne me suffisent jamais.
Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le chemin parcouru ?
Je le savoure agréablement. Ce parcours a un grand sens pour moi car tout ce que j’ai fait était mûrement réfléchi mais aussi un tremplin vers une autre étape. De plus je me suis énormément formé tout au long de ma carrière dans plusieurs secteurs d’activité ce qui me permet d’aborder le métier de coach avec beaucoup de recul. Et puis la double culture est une chance extraordinaire.
Avez-vous des attentes de la société actuelle ?
J’aimerais que les climats s’apaisent. Il y a beaucoup de tensions inutiles. De plus, au lieu de se concentrer sur les enrichissements mutuels, on fait ressortir trop souvent les aspects négatifs.
J’aimerais qu’il y ait moins de chocs et de catégorisations sociales entre les cultures. En fait, je rêve de mise en valeur de l’être humain sous toutes ses formes, quel qu’il soit, là où il est…
Abdelkader HALICHE
Coach en développement personnel et professionnel
a.haliche@free.fr
06 64 81 14 68
Interview réalisé par Maggy Litou-Magnac pour le Club des Entrepreneurs










