Draguignan : J’ai plus de 50 ans, je cherche du travail, ça vous dérange ?
Leur détermination n’a pas pris une ride. Comme le souligne l’article oaru dans Maville.com, ils ont 50 ans et plus, toujours sur le qui-vive, sur le sentier de la guerre de l’emploi.
Licenciements, accidents de la vie, peu importe, ils veulent reprendre une activité. L’un d’entre-eux résume l’esprit du club des « cadres chercheurs d’emploi de l’ANPE de Draguignan » : « On n’a pas 50 ans, on a 30 ans d’expérience ! »
Une belle profession de foi pour ces femmes et ces hommes, cadres de formation et de terrain qui galèrent pour retrouver du travail dans tous les domaines : commerce, encadrement, ingénierie, ressources humaines, juridique…
Lutter ensemble
Philippe Narcy, conseiller à l’ANPE, pilote ce projet né il y a trois mois dans le cadre du plan gouvernemental « Seniors ». Denis Mercier, directeur de l’ANPE, chapeaute l’opération. L’agence locale n’a pourtant pas attendu les mesures gouvernementales pour mettre en place cette initiative qui regroupe 8 bénéficiaires et leur permet de se retrouver quatre à cinq fois par mois pour échanger leurs vécus.
Au sein du « Club des Cadres », tous les curriculum vitae sont regroupés dans le même livret et envoyés aux employeurs potentiels qui pourront, le cas échéant, effectuer une sélection de profils.
Une participante explique : « À travers ce club, on a tissé des liens, il y a entre nous un respect mutuel et une forte solidarité. On a huit paires d’oreilles, dès que l’un d’entre-nous entend parler d’un emploi qui peut intéresser une autre personne dans son domaine, on lui en parle. »
Un autre confirme : « Il n’y a pas de concurrence entre nous, nous sommes complémentaires, nous avons les mêmes motivations, on fait bloc. » Il est vrai toutefois que les employeurs éprouvent encore trop souvent des réticences à embaucher des quinquas. Une participante témoigne : « Dans un salon destiné à l’emploi des cadres, je me suis adressée à une grosse société spécialisée dans le sport, je me suis entendue répondre : vous êtes trop âgée ! » Elle accuse 50 ans environ et… c’est pour elle une véritable attaque.
Des patrons frileux
Un intervenant déplore : « Un patron va parfois refuser votre candidature à un poste de cadre parce qu’il se dit que vous avez plus d’expérience que lui et que vous allez à terme prendre sa place. Un employeur potentiel m’a dit un jour : si je vous embauche, avec votre expérience, vous allez devenir mon patron ! Nous, ce qu’on souhaite, c’est trouver un emploi et faire profiter les entreprises de notre savoir, pas plus. »
Claude Poirier (patron de la société EXPASIE, spécialisée en consulting high-tech, télévision, satellite… installée à Fayence), venu rencontrer ces demandeurs d’emploi, possède une solide expérience internationale de consultant, y compris en Asie : « Là-bas, on fait davantage confiance aux interlocuteurs âgés qu’aux jeunes commerciaux, les marchés se traitent mieux quand on a les tempes grises. » Une autre mentalité qu’en France, alors que Bernard Quertigniez (consultant en ressources humaines) résume : « Les plus de 50 ans ont besoin de s’exprimer, ils ont le sentiment de ne pas avoir terminé leur travail. Ils veulent à juste titre se sentir utiles et ne veulent pas être mis sur la touche. J’ai rencontré ici, avec ce club des cadres, une équipe extraordinaire, très riche, avec des expériences différentes. »
Claude Poirier ajoute : « Quand on se retrouve en fin de carrière, on a envie d’aider les très petites entreprises et les PME à s’implanter. »
Marc Simoëns, directeur du Pacte territorial pour l’Emploi se veut quant à lui optimiste : « On constate un certain progrès, sachant que la transmission du savoir-faire et des compétences n’a pas de prix, les mentalités commencent à changer. »
La vie… professionnelle peut commencer à 50 ans et plus.
J.- M. D.
Var-Matin
Pour savoir plus sur les seniors en portage salarial : http://www.didaxis.fr/portage_salarial.php











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