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Être rappelé

Food for thought : Qui veut monter dans l’ascenseur social ?

Jeudi, 9 mars, 2017

En panne ! Certains grincheux n’ont que ce mot à la bouche pour qualifier l’état général de notre ascenseur social. Mais dans les faits, qu’en est-il réellement ? Elle est certes bien loin l’époque bénie des Trente glorieuses durant laquelle tout ouvrier méritant était quasi assuré de grimper au sein de sa hiérarchie. Idem pour le conte de fées du balayeur finissant PDG de la boîte l’ayant embauché trois décennies plus tôt…

Sauf qu’à y réfléchir, n’est-ce pas plutôt cette parenthèse de l’histoire qu’il convient de considérer comme une sorte d’anomalie ? La reconstruction d’après-guerre nécessitant alors davantage de talents que l’école de la République n’avait eu l’occasion d’en former, tant mieux pour les courageux qui ont su en tirer profit. Ce temps étant désormais révolu, il n’y a rien de scandaleux à ce que les jeunes arrivant sur le marché du travail avec les formations les plus qualifiantes soient aussi ceux accédant aux plus hautes responsabilités. Ce d’autant plus que le pourcentage de diplômés du supérieur a été multiplié par huit depuis les années 60. Et pour tous ceux passés à travers les mailles du filet, n’oublions pas que la France est championne du monde de la formation continue. En d’autres termes, les changements intervenus dans le mode de sélection des heureux élus n’ont finalement rien modifié à l’idéal méritocratique : aujourd’hui comme hier, les meilleurs éléments accèdent toujours aux plus belles carrières

On pourra certes m’objecter que mieux vaut naître fils de cadre sup que de métallo pour espérer accéder à HEC, Polytechnique et consorts. Face à cette réalité, remercions au contraire certaines industries de donner une « seconde » chance à tous ceux accablés par l’échec scolaire. C’est le cas par exemple de la restauration, du commerce, du bâtiment, de la grande distribution, etc. Autant de secteurs économiques où l’ascenseur social monte parfois très haut pour les sans diplômes disposés à se retrousser les manches. Un principe que l’on retrouve finalement dans n’importe quelle entreprise privée de n’importe quelle branche. De la PME à la multinationale, chacune reste très attachée à cette règle non assumée et néanmoins empreinte de justice : les plus belles récompenses finissent toujours entre les mains des plus ambitieux

Guillaume Cairou
Président-fondateur de Didaxis- Hiworkers